LIVRAISON GRATUITE 100$+

Normaliser la diversité et la différence (Partie 2)

La différence ne réside pas toujours dans ce qu’on peut percevoir à l’oeil nu. Elle peut être
bien cachée au fond de soi et n’être perceptible que lorsqu’on le sait qu’elle est présente.
Souvent, nous pensons que les troubles anxieux ne sont attribuables qu’à l’âge adulte, qu’un
enfant ne devrait et ne peut présenter de l’anxiété. Pourtant, ils sont beaucoup plus présents chez
l’enfant 0-5 ans qu’on ne le pense. Ceux-ci, du haut de leur très jeune âge, même s’ils n’ont pas
vécu tous les stresseurs nous environnants, ils perçoivent les différentes étapes de leur
apprentissage de la vie comme étant beaucoup plus anxiogène qu’on ne le croit.

Le trouble de modulation sensorielle

Pour ceux qui connaissent bien Maëva savent qu’elle présente des rigidités nécessitant une
attention et des besoins plus particuliers. Depuis la naissance, c’est une enfant démontrant une
grande anxiété pour des choses qui, pour certains, peuvent paraître bien banales. Dans sa
première année, ma fille pleurait beaucoup, elle demandait beaucoup les bras et le contact visuel
avec moi était nécessaire. Au début, nous pension qu’elle était une BABI (Bébé aux besoins
intenses). Une caractérisation de plus en plus octroyée aux enfants présentant des besoins socio-affectifs avec leurs parents plus exigeants. C’est une phase très demandante pour les parents. Une
forme de dépendance affective, une angoisse de séparation à long terme. Néanmoins, après la
première année, du moins, avant la rentrée à l’école, cela s’estompe.

Pour certains enfants, c’est quelque chose qui reste. Qui fait partie intégrante de leur vie.
Tel est le cas de Maëva. La pandémie a été un évènement très anxiogène pour Maëva, surtout
lorsqu’elle fut retirée de son milieu de garde avec la fermeture de celles-ci. Elle en est venue à
arrêter pratiquement de manger sélectionnant seulement cinq ou six aliments. Elle éclatait en
crises incontrôlables au point où elle ne se contrôlait plus et j’en passe. Au retour à la garderie en
juin 2020, ce fut là que tout a éclaté. Maëva pleurait énormément, elle ne voulait plus aller à la
garderie, elle ne voulait plus se faire garder nul part. Cette cocotte super sociable et souriante
était devenue « sauvage » et craintive. Je peux vous dire que ce fut un moment extrêmement
difficile tant pour elle que pour la famille. Fin juillet, j’ai contacté une ergothérapeute du centre
de L’ergothérapie De l’école à la maison de Ste-Thérèse. Ce fut là qu’on découvrit ce que Maëva
avait.

Après plusieurs tests et des observations, l’ergothérapeute nous a informé du trouble de
modulation sensorielle qu’avait Maëva. Cette pathologie se présente comme étant une difficulté
de la part de l’individu interprétant mal l’information perçue par ses sens. Ce dysfonctionnement est un forme de trouble anxieux souvent attribué à l’enfant TSA (Trouble du spectre de
l’autisme) ou DI (Déficience intellectuelle). Néanmoins, il est également possible qu’un enfant
dit « normal » l’ait aussi. C’est souvent impossible pour le parent de le détecter sans savoir que
son enfant le présente. Pourquoi ? Parce que pour le monde médical, un enfant plus difficile est
souvent classifié comme étant capricieux et colérique. Pourtant, c’est possible.

Le trouble de modulation sensoriel présente donc des problématiques quant à la réception des
stimulis qui l’entourent. Cette réactivité peut se présenter sur plusieurs sphères : gustative (goût),
olfactive (odeur), visuel (vue), tactile (toucher), auditive (ouïe) ou vestibulaire (mouvement du
corps). Ceux-ci peuvent être perçue de façon hyper-réactive ou hypo-réactive, ou même, dans
certains cas, les deux formes. Pour être en mesure de le déterminer, il faut vraiment observer
l’enfant et qu’un spécialiste le diagnostic. (Ergothérapeute, pédo-psychiatre, neuro-psy, etc)

En ce qui concerne Maëva, elle présente le tout en hyper-réactivité. Plusieurs stimulis se
présentent à elle comme étant des évènements stressants. Ils viennent émettre un signal de stress
dans son corps et elle se braque à la présence de ceux-ci. Elle présente donc une grande rigidité à
plusieurs choses l’environnant.

1- Les changements de saison : Pour elle, le principe des changements de saison est complexe.
Changer de vêtements, comprendre pourquoi nous passons de bottes à souliers à sandales elle
souvent un évènement extrêmement difficile à saisir. Cela lui prend un temps d’adaptation d’une
dizaine de jours, plusieurs explications et une bonne dose de patience de notre part avant de
saisir le tout.

2- L’alimentation : Manger est un besoin vital. Pour Maëva, l’intégration des aliments se fait à
pas de tortue. Intégrer un aliment, pour l’enfant, se fait en 10 étapes. Il passe par la vue, le
toucher, l’odorat, l’ouïe pour finalement être traité par le goût. Pour nous, c’est assez
automatique. Pour elle, l’intégration d’une pomme ou d’un autre fruit, peut prendre 2 semaines,
parfois plus. L’important est d’exposer l’enfant de façon répétitive. Mais ce qui est encore plus
important, c’est de ne jamais obliger l’enfant à le manger, mais de simplement l’observer, le
toucher ou le sentir. Complexe, vous penserez ? Oh oui, difficile, stressant, éreintant pour le
parent. On a toujours peur que ceux-ci ait des carences. Mais cela se fera de mieux en mieux et
de plus en plus vite au fil des semaines. L’enfant se braquera moins et démontrera une ouverture.
Il est important de souligner chacune de ses réussites aussi minimes soient-elles.

3- Les crises de colère : La maîtrise de ses émotions est très complexe chez l’enfant en général.
Mais pour un enfant présentant un trouble de modulation sensorielle, cela peut devenir un mode
« diabolique » (Comprendre cela sous une forme sarcastique !). Lorsque l’enfant est soumis à
trop d’anxiété et qu’il n’arrive plus à le contenir, il explose et extériorise tout son stress sous
forme de crise de colère ou même de pleurs incontrôlables. Ce qui sera important de faire en tant
que parent, laisser faire l’enfant. Ne pas l’isoler. Lui faire comprendre que vous êtes là, qu’il a
droit de pleurer, de crier. Une bonne façon de l’aider à maîtriser sa colère ou son anxiété :
Aménager un coin calme, un endroit où l’enfant se sent en sécurité et bien. Il peut être également
très intéressant de lui mettre une boite sensorielle à proximité. Pour Maëva, la brosse sensorielle,
les balles anti-stress, son toutou préféré, sa doudou, un pète-bulle infini sont des éléments qui
l’aide à diminuer son anxiété lorsqu’elle en a besoin. Il existe une foule d’objets pouvant aider
votre enfant, il s’agit de trouver ceux les plus adaptés pour vos petits amours.

4- Les nouvelles personnes : L’angoisse de séparation est une étape cruciale chez le bébé. Chez
les enfants comme Maëva, c’est un évènement très anxiogène. Les gens perçoivent cela souvent
comme étant des personnes sauvages et anti-sociable. Mais c’est plutôt une angoisse pour eux
qui accentue leur anxiété face à la nouveauté.

Bien d’autres points pour Maëva pourraient être exposés tels que le lavage des cheveux ou
l’hygiène en général. Cependant, son trouble de modulation sensorielle m’a appris énormément
en tant que mère. J’ai dû apprendre à adapter mes interventions en fonction de ses besoins, à être
plus patiente face aux difficultés qu’elle rencontre, à éviter de démontrer de la colère ou de la
frustration face à ses crises de colère qui ne ferait qu’accentuer la confrontation. C’est également
un beau travail de collaboration entre les différents environnements que l’enfant fréquente
(Maison, garderie, école, amis, famille, etc) Sachez qu’un enfant présentant ce trouble n’est pas
plus différent qu’un autre. Maëva est une enfant tellement affectueuse, sociable et souriante. Elle
est d’une grande générosité et une grande soeur formidable. La différence c’est beau. La
différence nous apprend à devenir une meilleure version de nous-même.

Pour plus d’informations, je vous invite à aller lire sur ce sujet sur le web. Une foule
d’informations y sont pour vous y aider. Il me ferait également plaisir d’échanger davantage avec
vous sur Instagram @lamamanprof.

Vous être un parent qui aimerait partager votre opinion sur un sujet qui vous tient à cœur? Écrivez-nous à info@minitotem.com pour être publié sur notre blogue!